Reste à trouver une place et à planter la tente, vu que la mission
semble impossible tant il y a de monde et de volume de neige rejetée en
creusant, je me barre dans les bois, enfin à l'orée, ce qui est
théoriquement interdit.
Fantomatique, non? :-)
Quelques bières et feux d'artifice plus loin j'irais me pieuter, je ne
suis visiblement pas le seul, la neige qui dégringole n'incite pas aux
longues veillées, et la seule salle abritée est minimaliste.
Samedi 30 janvier
Réveil sous le soleil, génial mais il y a du taf.
Bon, va falloir dégager le bestiau... :-)
Pas besoin de l'atelier malgré ce qu'indique le panneau, une fois
déneigée ça part au quart de tour. Je débloque le neiman du Harley
voisin au briquet, les bikers c'est plus ce que c'était, même pas de
quoi allumer un pétard en poche.
Balade, je cherche si je vois des copains, hélas pas mal de Français
ont abandonné vu les conditions de route difficiles.
Une jap qui se réchauffe au coin du feu, c'est frileux ces bestioles:
Je rencontre Patrick qui lui aussi se sent un peu seul vu que ses potes
ont déclaré forfait, donc il a l'intention d'abréger et de redémarrer
dans la matinée, sa destination finale est Kiev en Ukraine.
Comme je tourne un peu en rond je lui propose de faire un bout de route
avec lui.
Sous le camouflage se cache une V50 Guzzi :-)
Pas mal de monde s'en va, d'ailleurs, la route promet d'être peut-être
un peu plus longue que d'habitude.
Même les chenillettes bouchonnent :-)
On sort du site sans problème, vire sur une petite route au début à peu
près propre, donc démontage des skis et chaînes, perso je fais aussi le
couillon et garde la pression route dans les pneus pensant
que c'est bon. Deux bornes plus loin ça dégénère grave, ornières
glacées en descente, les deux roues se disent merde, gamelle au
ralenti, le pare-brise pète comme c'était bien prévu, pas grave, ce
truc est une horreur, un bout de scotch et ça tiendra :-). Je lâche un
peu d'air et on attaque une grimpette sévère, après avoir attendu que
les bagnoles qui n'arrivent plus à monter s'en sortent en crabe en
marche arrière. Nous sommes bloqués avant d'arriver en haut à cause
d'un side qui s'est mis en travers, on pousse le truc et on repart sans
trop de mal, quand même un petit ouf quand on retombe sur une route à
peu près dégagée :-)
Direction Ceské Budéjovice en République Tchèque par les routes de
campagne, bien suivre la trace quand il y a de la neige, pas dépasser
le 60, et tout va bien.
Les paysages commencent à sentir l'Est, on continue vers Brno, il fait
nuit et ça commence à devenir un peu hard, décision est prise de pauser
au premier bled venu, si possible dans du dur vu que Patrick a pas mal
d'affaires mouillées gelées.
On s'arrête à Telc en face d'un hôtel basique mais fermé, en langage
des mains un vieux nous explique que de toute manière c'est trop cher,
il a dû deviner à la dégaine que l'on ne faisait pas dans le palace. Un
gars est en train de charger son C15 et coup de bol parle anglais, il
nous propose de nous emmener à un privat à quelques bornes. Là c'est
palace, de quoi cuisiner et faire sécher un peu le matos,
Dimanche 31 janvier
Je discute avec des ouvriers Slovaques qui logent dans le même privat,
ils montent des silos à grains, nous trouvent bargeots de rouler par un
froid pareil. Pour savoir ce que c'est que le boulot dehors par grand
froid, je préfère être à ma place qu'à la leur.
Moins pas mal sous zéro, les gars partent au boulot à 7 heures, pas de
dimanche pour eux, je vadrouille dans le village à pied pendant que
Patrick roupille.
A son réveil j'apprends que lui aussi bosse dans la construction et
l'entretien de silos, marrant.
Grand moment de solitude
quand nos deux démarreurs font simultanément "clic". Après avoir
dégommé le moteur à la main en tournant la roue la V50 démarre, la
Calif pète aussi au premier coup une fois localisé le problème, le
solénoïde a du mal à bouger, sûrement bloqué par un graissage inadapté,
suffit de shunter direct pour éviter de péter le fusible.

Arrêt à Brno, balade dans
la ville pour retrouver un hypothétique marché que personne ne connait
sauf Patrick :-), ça finit au bistrot où l'on descend quelques bières
avant de nous séparer, direction la Pologne pour lui et l'Autriche pour
moi.
Vienne, la nuit est tombée,
dans une station service je tombe sur un mec sympa qui me dit de le
suivre pour trouver de quoi dormir à pas cher hors hôtels. On
tournicote un peu avant de trouver un truc libre, la Calif sera aux
petits oignons dans le garage chauffé des proprios, un couple sympa
d'Iraniens qui viennent de s'installer il y a quelques semaines.
Lundi 1er février
A 100 mètres d'où j'ai pioncé je tombe sur un magasin Louis, j'attends
l'ouverture et repars juste avec quelques fusibles, je cherchais des
sur-bottes chaudes mais ils n'ont pas. Je devais en acheter aux Eleph
chez un marchand ambulant mais le départ a été un peu précipité.
La sortie par de la
nationale commence à devenir gonflante, un fort vent latéral souffle
poussant par endroit la neige sur la route, la bécane penchée là dessus
et malmenée par les bourrasques, ça calme, dès le matin.
Je passe devant
Deus,
une petite porte de garage au fond d'une cour, j'hésite à m'arrêter
mais je sais que la journée est bouffée si je le fais, une autre fois
peut-être...
Partout on sent que le tourisme motard est une affaire qui tourne dans
la région. Je descends vers Villach et la frontière italienne, moitié
par route et autoroute, en passant par Judenburg.


Tolmezzo, Italie, je tombe
sur un hôtel à pas cher, renseigné par le pompiste du coin. Patron et
serveur sont des amateurs fous de vin, je m'en doutais vu la
sélection de la carte. On parle métier et passion une bonne partie de
la soirée, ils m'offrent de très beaux bouquins sur les vins et la
gastronomie du Friul. Après dégustation de digestifs je tombe sur une
bouteille de grappa vraiment géniale, aller zou, embarquée aussi malgré
le manque de place, c'est trop rare pour que je manque l'occasion.
Mardi 2 février
Direction Belluno vu que je n'arrive pas à savoir si ça passe après
Cortina d'Ampezzo. Route tranquille enneigée par endroits.
Cuisine japonaise, sûrement
:-)
Passé Trento, le piémont se
couvre de vergers

Passo de Tonale, sous le
massif du Stelvio.
Direction le lac de Côme où je squatte un camping dont la
barrière est ouverte.
Mercredi 3 février
Petit matin sur le lago, les canards s'en donnent à coeur joie, ça pèle
sec, enfin non, mouillé, ce qui est bien pire.
Je rejoins Lugano puis Locarno, pour passer par les Centovalli, route
bien virolante que longe un petit train d'altitude.
Attention chute de glaçons.
Re et sa récente basilique, légèrement décalé vu le lieu un peu paumé,
pas de tourisme aujourd'hui, je connais déjà.
Descente vers Domodosola pour filer vers le col du Simplon.
Hospice du Simplon, ça neigeotte.
Ce qui est bien l'hiver, c'est qu'on n'est pas emmerdé par les
touristes, il sont tous au Maroc :-)
Direction la Forclaz, descente après le col des Montets.
L'air se réchauffe, ça sent
le retour, gaz par l'autoroute jusqu'à St-Etienne où je tente de
trouver une chambre chez Thalie. Hélas hôtel complet, pause pour
discuter un peu et recherche d'un coin pour planter la guitoune du côté
de St-Victor, ce qui se révèle complexe, vu la densité de l'habitat,
l'heure tardive, et la fatigue qui commence à se faire sentir
. Je jette l'éponge et atterris au F1 du coin devant lequel je passe
par hasard, à vrai dire je suis un peu paumé.
Jeudi 4 février
Je décide d'une matinée relax, direction Usson en Forez, puis
vadrouille sur les petites blanches enneigées du côté du col de
Dansadoux